Plusieurs enseignants, plusieurs éducateurs sportifs ont relevé ce défi avec succès, nous pouvons tous jouer notre rôle dans cette intégration de tous les jours : la recette = connaître l’autisme + être tolérant +utiliser des stratégies toutes simples pour faciliter la vie de tout le monde

Ce qui peut être compliqué pour Félix

 

Langage et compréhension


Félix a une compréhension concrète et littérale du langage : Exemple au rugby : « fais une passe à gauche et passe à droite du plot » Il ne comprend pas cette consigne car il n’a pas repéré le sens différent pour les deux mots « passe » Il va comprendre la consigne en regardant ses copains car il a un fonctionnement visuel.

Félix ne comprend pas les expressions qui ont un sens figuré (sauf celles qu’il a apprises et qui sont utilisées par son entourage) Exemple : voler de ses propres ailes, cela ne me fait ni chaud ni froid, etc…

Félix a besoin de consignes courtes, claires et précises. Il se repèrera mieux si elles sont écrites ou visuelles.

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ne image, une consigne écrite (ou une liste numérotée pour plusieurs consignes) seront toujours plus utiles et efficaces qu’un long discours.

 

 

Temps et organisation

 

Félix a besoin d’un environnement stable et prévisible :
- Emploi du temps écrit
- pas trop de temps morts entre les activités.
- Préparez les changements, si c’est possible, toujours en informer Félix.
- Félix ne sait pas évaluer la durée d’une activité.Toujours lui donner la durée et l’horaire prévu.


Félix a beaucoup de mal à s’organiser, il faut donc penser à :

- utiliser des consignes écrites, des supports visuels, des listes

Félix a appris à faire différentes choses grâce à des listes de consignes, exemples : ranger sa chambre, faire une lessive. Seul, il ne saura pas s’organiser et tempêtera pour ne rien faire. Avec cette aide, il le fera correctement et sans rechigner.



Félix a beaucoup de mal à comprendre les codes sociaux, il faut lui expliciter les situations pour qu’il apprenne à comprendre les autres, à réagir correctement et à ne pas avoir un comportement inapproprié.

Exemples : Aller à la boulangerie : petit, Félix passait devant tout le monde, ne disait pas bonjour ni merci et se serait bien servi dans les rayons tout seul. Aujourd’hui, il se comporte correctement et même s’il est tenté de dire des blagues genre « 3 croissants et que ça saute ! » il ne le fait pas car il sait que ce ne serait pas correct.

La psychologue qui suit Félix a récemment fait une comparaison judicieuse :
Pour vous mettre dans la peau de Félix, imaginez vous en vacances au Japon. Vous ne connaissez pas la langue, vous ne connaissez pas les codes sociaux du pays et vous ne pouvez pas deviner grand chose car l’attitude des japonais ne laisse rien transparaître de leurs émotions. Au bout de quelques jours, vous risquez vous aussi de vous énerver ou de déprimer si vous n’avez pas de guide, autrement dit si vous n’avez pas d’aide.

Pour Félix, se débrouiller dans notre monde a dû être très difficile, il ne pouvait pas s’exprimer, ne comprenait pas nos attitudes, encore moins nos sentiments ou nos émotions. Il a aujourd’hui accès à beaucoup de choses mais les relations sociales restent compliquées pour lui. Il a toujours besoin d’un guide.

Le développement des compétences sociales doit donc rester au cœur des préoccupations des enseignants, des éducateurs et de toutes les personnes gravitant autour de Félix, c’est vraiment là le noyau dur de l’autisme.

 

 

Lenteur


Une caractéristique très fréquente des enfants autistes de bon niveau est la lenteur. Lenteur dans le travail scolaire, due au graphisme maladroit, aux difficultés d'organisation, aux stratégies inadaptées face aux problèmes (souvent Félix ne sait pas dire s’il n’a pas compris, s’il lui manque une information, s’il ne sait pas par où commencer). Si on le bouscule en lui disant « dépêche-toi ! », on ne fait en général qu’aggraver le problème.

Solutions : décomposer les tâches en étapes, établir une liste de consignes ou utiliser d’autres moyens visuels. Avoir de la patience…

 

Les intérêts particuliers

Comme tous les autistes, Félix a des intérêts très particuliers, qu’on peut parfois qualifier d’obsessionnels : les trains, les dinosaures, les animaux sauvages, les cirques, les zoos, Star Wars, etc…On ne peut entièrement occulter ces intérêts qui font partie du fonctionnement de Félix, mais il ne faut pas les laisser l’envahir complètement.

• Enoncez clairement la règle : en cours je ne parle pas de tigres.
En famille, il n’en parle pas à table par exemple.

• Utilisez ces intérêts comme support pour différents apprentissages (on peut lire dans un Atlas pour la compréhension de lecture plutôt que dans "Les malheurs de Sophie"!) ou comme motivation. Félix a considérablement amélioré son langage à la gare d’Angers à cause de son intérêt pour les trains et les TGV.


 

Stress et Anxiété

 


Félix va être sujet au stress et à l’anxiété dans les cas de figure suivants :

Un changement inattendu
=> lui expliquer cette nouvelle situation
Il est laissé dans l’incertitude
=> donnez lui des consignes claires et précises, un horaire précis
Il est en échec
=> revoyez à la baisse vos objectifs pour lui redonner confiance
=> n’oubliez pas de le rassurer
Il ne comprend pas ce qui lui est dit
=> utilisez des phrases courtes et simples ou passez à l’écrit.
Il ne comprend pas ce que vous éprouvez ou pourquoi vous l’éprouvez
=> expliciter lui la situation et ce que vous ressentez
Il est fatigable et n’a pas exprimé sa fatigue jusqu’ici.
(Attention à la fatigabilité des enfants autistes, il leur faut trois fois plus d’énergie pour faire la même chose qu’un enfant ordinaire)

Félix est énervé, vous ne savez que faire :
=> détournez son attention vers autre chose
=> isolez-le s’il est en groupe
=> permettez-lui de faire une pause
=> ne perdez pas de vue l’utilisation de consignes écrites ou visuelles pour la reprise de votre activité, cela contribuera à le rassurer.

Pas de panique, Félix n’est pas un enfant violent.