LE DIAGNOSTIC ET L’ENTREE A L’ECOLE
En Janvier 1998, Maman m’a emmené voir un pédiatre
«spécialisé», il a vérifié
que je n’étais pas sourd, mais ça, Maman le savait
déjà car si je ne me retournais pas quand elle m’appelait,
je le faisais automatiquement si elle me proposait un bonbon…
J’ai passé quelques tests, et le médecin a parlé
de «dysharmonie évolutive» et a conseillé
à Maman de consulter des médecins du CAMSP à
l’hôpital (Centre d’Action Médico Sociale
Précoce), elle a été très inquiète
quand il a évoqué un bilan psychiatrique et puis, «
dysharmonie évolutive», cela ne voulait rien dire pour
elle. A partir de là, nous avons suivi toutes une série
de consultations, d’abord au CAMSP, puis au CMP( Centre médico
psychologique), cela a duré 6 mois.
Fin juin 1998, j’avais 3 ans et demi, la pédo-psychiatre,
qui nous voyait depuis quelques mois au CMP, a dit à mes parents
que je présentais un « syndrome autistique ».
Cela a été un moment très difficile pour mes
parents, mais ce diagnostic leur permettait enfin d’envisager
qu’on puisse m’apporter de l’aide. Ils n’étaient
pas des mauvais parents, ils ne connaissaient pas l’autisme
et n’arrivaient pas à s’occuper de leur enfant
autiste. Ils ont dû et doivent encore faire face aussi à
l’incompréhension de leur entourage, les parents d’enfants
autistes sont très souvent remis en question, ce qui est très
démoralisant.
Après le diagnostic, en Août 1998, mes parents sont allés
voir un pédo-psychiatre nantais, plus spécialisé
dans l’autisme, ils pouvaient ainsi avoir les conseils dont
ils avaient besoin. Ils avaient enfin rencontré un professionnel
qui réponde à leurs questions.
Un suivi avait été proposé par le CMP. Je me
rendais donc une fois par semaine au CMP pour participer à
différents jeux avec un petit groupe d’enfants encadré
par une orthophoniste et une éducatrice. J’ai également
commencé à aller voir mon orthophoniste, pour améliorer
ma communication.
J’ai commencé à redire quelques mots à
l’âge de 3 ans et demi grâce à un petit chien
guide qui était en vacances chez nous. Je voyais qu’il
obéissait à Maman lorsqu’elle lui disait «
Oriac, assis ! » et j’ai dit la même chose qu’elle.
Mon langage s’est mis en place petit à petit, j’avais
du mal à faire des phrases et je ne parlais que si j’étais
motivé par quelque chose d’intéressant pour moi.
Maman a passé des heures à la gare car j’étais
toujours fasciné par les trains et je parlais beaucoup plus
devant les trains. Beaucoup de chiens guides sont venus en vacances
à la maison…
Maman a compris que si elle se servait de mes centres d’intérêt,
elle arriverait à me faire progresser dans beaucoup de domaines
et depuis ce temps, elle ne s’en est pas privée. Elle
a également suivi (et elle suit encore) des formations sur
l’autisme ouvertes aux professionnels et aux parents, ainsi
que des conférences, cela lui a permis d’apprendre à
adapter les choses autour de moi pour que ce soit plus simple..
En Septembre 1998, je suis rentré en petite section et j’allais
à l’école seulement le matin. J’avais deux
maîtresses, c’était toujours difficile, je n’aimais
pas aller à l’école.
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